Comment 4 disciplines chinoises vous permettent d’explorer efficacement la pensée chinoise ?

L’Art de la Guerre de Sun Tzu, le Dao De Jing de Lao Zi et le Yi Jing des Zhou, sont des livres qui m’ont fait basculer dans la culture chinoise. S’ils m’ont nourri d’un point de vue culturel, je me demandais comment en retirer davantage, comment les approfondir et s’en nourrir au quotidien ? J’ai trouvé la réponse dans 4 disciplines chinoises que je pratique depuis plusieurs années.

Comment s’initier à l’art de la guerre ?

J’ai trouvé dans le Wei Qi , nom chinois du Jeu de Go, une puissante façon de développer son sens stratégique. Sur le plan de la tactique, ma pratique du Gong Fu permet d’internaliser corporellement ces concepts. Si le jeu de Go développe des réflexes de pensée, le Gong Fu, permet d’affiner son instinct, pour réagir au mieux dans des épisodes stressants. Cette maîtrise de soi se renforce aussi en interne avec le Qi Gong et le Tai Ji Quan.

Le Jeu de Go : une discipline de Stratèges.

Le Wei Qi aurait été inventé par un empereur pour son fils, afin de l’exercer à la stratégie.

Comment pratiquer le Tao ?

J’ai trouvé dans le Tai Ji Quan une excellente façon de cultiver ma sensation du Yin et du Yang. Ce mouvement perpétuel s’incarne de façon élégante dans la respiration : une inspiration yin, une expiration yang. Le souffle qui vient harmoniser le mouvement comme un balancier : absorption d’un coup, concentration vers l’arrière, expulsion d’une contre attaque vers l’avant. Tout cela avec un minimum d’effort, le non-agir taoïste, et pour s’insérer dynamiquement dans le flux du monde, où tout change tout le temps. Interroger le Yi Jing permet de concevoir le Yin et du Yang dans la vie quotidienne.

Caligraphie du Tai Ji, le "faîte suprême" autour duquel tourne le Yin et le Yang.

Calligraphie personnelle du Tài Jí : le « grand retournement » ou « fait suprême », le point de bascule entre Yin et Yang, comme la poutre faîtière sépare les deux versants d’un toit, comme la ligne de crête sépare l’adret de l’ubac.

Comment pratiquer le Yi Jing ?

Seule une pratique régulière du Yi Jing vous permet de progresser. Vous pouvez en lire le texte, en observer les règles, mais tant que ses formules n’auront pas résonné intimement avec votre vécu, il sera difficile d’en saisir le sens. A mesure que je collectionne les tirages, je m’approprie les hexagrammes qui s’associent à mes souvenirs. Lors de nouveaux tirages, me reviennent des épisodes qui viennent éclairer l’interprétation du moment. En un clin d’œil, ils m’aident à saisir la situation et pour y agir en adéquation.

Le Tai Ji Tu ou la respiration énergétique du monde.

Taì Jí Tú : figure ou symbole du Taì Jí, qui, entouré des huit Trigrammes, évoque les rouages du Yi Jing.

Comment explorer l’âme chinoise ?

Arrive un moment où l’apprentissage du chinois devient nécessaire. Comme j’avais débuté la musique sans apprendre le solfège,  il a fallu me résoudre à l’étudier pour améliorer mon jeu. L’étude des caractères chinois par la pratique de la calligraphie, me permet de l’apprécier davantage. Ressentir l’agencement du caractère, l’harmonie de l’encre et des silences ; l’attaque, le corps et la résolution des traits ; leur liaison comme on lie les notes de musique. Pratiquer la calligraphie chinoise permet de plonger dans l’étymologie d’un caractère, essence de cette culture. A travers elle, j’en profite pour étendre ma perception d’un concept comme Tai Ji, calligraphié plus haut. Chaque calligraphie exprime le ressenti et l’interprétation d’un caractère par son auteur. L’expression artistique vient parachever l’entretien du corps et de l’esprit.

Calligraphie Chinoise : le souffle du calligraphe révèle l'énergie du caractère chinois.

Calligraphie Chinoise : le souffle du calligraphe révèle l’énergie du caractère chinois.

Un cercle vertueux de pratiques

Ces pratiques se nourrissent entre elles et recouvrent un large spectre du développement personnel. Pratiquer une de ces disciplines, et vos connaissances vous serviront dans une autre. Par exemple, la théorie des 5 éléments, ou cinq agirs, se retrouve aussi bien dans la médecine chinoise que dans le Feng Shui et la gestion de tout organisme, comme le corps humain aussi bien qu’une entreprise. Le concept du Yin et du Yang s’incarne dans le Yi Jing que dans le Tai Ji Quan. Travailler ces domaines de concert, permet un apprentissage optimisé et un développement harmonieux : Gong Fu et Qi Gong pour renforcer ses racines et devenir plus agile ; Tai Ji Quan et méditation pour harmoniser ses émotions ; Yi Jing et jeu de Go pour développer son intellect ; la calligraphie pour s’exprimer artistiquement… A mon stade, je vois déjà poindre un intérêt croissant pour le Feng Shui, cet art d’agencer l’espace, et de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), cet art de préserver la santé. Par une approche globale et complémentaire, toutes ces disciplines permettent de devenir l’artisan de son propre art de vivre, et d’aiguiser son intelligence intuitive du monde.

Donnez votre avis !