Comment consulter efficacement le Yi Jing ? Avec la « brique rouge »…

Cet article inaugure une section consacrée aux traductions du Yi Jing, pour analyser leurs approches, et dégager quand, comment et pourquoi les utiliser. Soumettez d’autres traductions, livres ou applications que vous utilisez dans votre apprentissage du Yi Jing !

Consulter le Yi Jing amène tôt ou tard à utiliser l’incontournable « Brique Rouge » de C. Javary et P. Faure. Mais comment l’utiliser convenablement sans s’y perdre ?

L’apprentissage du Yi Jing consiste à s’approprier un texte chinois vieux de 3000 ans. Sans notions de chinois, le choix de la traduction est déterminant. La richesse du texte d’origine a donné de multiples traductions et interprétations. Une bonne approche pour étudier le Yi Jing est d’en recouper plusieurs, le traitant sous divers angles. Cela évite de s’enfermer dans des considérations morales et religieuses de certains traducteurs qui s’éloignent du texte chinois d’origine. Cette problématique, inhérente à toute traduction, est d’autant plus importante pour un livre qui vous accompagne dans vos prises de décisions.

Qu’est-ce que la « Brique Rouge » ?

C’est le surnom donné au « Yi Jing – livre des changements » de Pierre Faure et Cyrille Javary. Cette traduction encyclopédique est appréciable par le recoupement de diverses approches du texte :

  1. Structurelle : la dynamique des hexagrammes par l’histoire que raconte leurs traits et leurs interactions
  2. Culturelle : par l’étymologie du texte chinois et des notions culturelles fondamentales pour comprendre le Yi Jing.
  3. Actualisée : des commentaires et conseils d’attitudes actualisés pour une utilisation contemporaine du Yi Jing.

Afin de vous faire gagner du temps dans votre appropriation de cette traduction, et choisir l’angle adéquat pour vos interprétations, voici une synthèse de sa structure.

Structure du Yi Jing : Le livre des changements

Comme toute traduction qui se respecte, l’introduction rappelle les règles d’utilisation du Yi Jing ainsi que les partis pris de sa traduction. L’accent est mis sur une traduction systématique du texte chinois, mais aussi d’un commentaire actualisant son propos, pour le rendre opérant à notre époque.

Tiges d'achillée pour la consultation du Yi Jing

La méthode des baguettes, souvent des tiges d’achillée, est une méthode de consultation du Yi Jing qui est détaillée dans cette traduction.

Cette traduction vient avec une fiche cartonnée qui résume les règles d’un tirage et index des hexagrammes.

Astuce : munissez-vous d’au moins 2 marque-pages pour facilement aller et venir entre les hexagrammes de situation et de perspective, le ciel postérieur et antérieur

Pour chacun des hexagrammes on distingue la structure suivante :

I – Le texte original de l’hexagramme

La section consacrée à chacun s’ouvre sur le nom de la situation en chinois, sa figure et une description des trigrammes le composant. Vient ensuite le texte chinois, avec sa traduction au plus près du texte, agrémentée des caractères chinois et du Pinyin. Les parties du texte du Yi Jing présentes sont : Le jugement (appréciation globale de la situation), le texte des traits (pour chaque mutation), la grande image (conseil d’attitude confucéen), la dixième aile (saisir la situation par son opposé). Chacune fera l’objet d’un commentaire détaillé, actualisé et intelligible pour une application concrète.

II – La synthèse globale de l’hexagramme

En écho au conseil stratégique de la grande image, les premiers paragraphes des commentaires actualisés synthétisent l’essence de la situation qu’il représente. Ils en résument la progression que décrivent les traits et la dynamique de leur répartition. Cette section se clôt par des apartés culturels nécessaires à la compréhension du Yi Jing : soit pour signaler un hexagramme calendérique, soit un épisode historique opposant les Shang et les Zhou (dynasties sous lesquelles le Yi Jing a vu le jour).

L’étymologie du nom chinois de l’hexagramme en donne ensuite un image globale et vivante, au plus près de sa signification originelle. C’est une excellente façon d’en mémoriser le sens, tout en plongeant au cœur de la pensée chinoise.

III – Les commentaires détaillés du texte

La section suivante comporte une étude détaillée du jugement et du texte des traits. Le même schéma s’applique pour chacun : d’abord le texte originel, avec sa translittération phonétique en Pinyin et sa traduction systématique ; ensuite, un commentaire actualisé sous forme de conseils d’attitudes et de postures, applicable à notre époque ; enfin, l’étymologique détaillée des expressions chinoises, pour saisir l’essence du texte. Pour chaque trait, un résumé de l’hexagramme dérivé vient colorer la mutation.

Le commentaire contemporain et l’étymologie chinoise, permettent de s’approprier peu à peu le Yi Jing : en naviguant du premier vers le second.

IV – La description comparée de l’hexagramme

La dernière section propose de saisir le sens de la situation par comparaison avec d’autres hexagrammes. Une synthèse du nucléaire décrit le moteur interne de la situation. En écho à la dixième aile, une comparaison avec l’opposé, en indiquant ce que la situation n’est pas, l’illustre en creux. Dans le texte du Yi Jing comme dans la pensée chinoise, ce qui est absent est aussi signifiant que ce qui est présent.

pièces servant à l'interrogation du Yi Jing

La façon la plus courante d’interroger le Yi Jing est la méthode des pièces, décrite dans cette traduction. Les deux sapèques de l’image sont d’anciennes pièces chinoises.

Comment utiliser la « Brique Rouge » ?

Plus qu’un livre, le Yi Jing est un objet sémantique. En plus du réseau qui lie les 64 hexagrammes par jeu de correspondances (opposition, nucléaire…), le texte chinois tisse un véritable réseau de sens. Sa richesse se révèle par l’étymologie et de véritables liens hypertextes avant l’heure : le nom de certains hexagrammes se retrouve dans le texte d’autres, embarquant avec lui toutes ses significations. Premier classique que les mandarins devaient apprendre, le Yi Jing est une excellente fenêtre sur la culture et l’esprit chinois.

Cette traduction de Cyrille Javary et Pierre Faure est remarquable car elle rassemble une approche étymologique pointue en même temps qu’elle livre une approche contemporaine des conseils qu’ils prodiguent. Elle m’a permis de dépasser le statut de débutant en Yi Jing. Après un an et demi d’utilisation, j’y trouve encore une foule d’informations à intégrer.

En gardant à l’esprit la structure du livre décrite dans cet article, cette traduction vous permet de choisir l’approche qui vous intéresse :

  1. Pour une réponse rapide et pratique : orientez-vous vers les synthèses et les commentaires du texte et des traits.
  2. Pour s’approprier un hexagramme : étudiez l’étymologie des expressions du texte et l’histoire qu’il raconte.
  3. Pour saisir la dynamique d’un hexagramme : intéressez-vous à son nucléaire, son opposé et les hexagrammes dérivés.

Parmi les rares inconvénients, la diversité et la densité des informations peut éventuellement dérouter les novices. La prise en main de cette traduction requiert un peu de pratique. La taille de l’ouvrage, sa couverture souple et l’absence de version numérique, rendent son utilisation nomade plus délicate. Bizarrement, le Pinyin ne comporte pas les tons. Mais ces détails n’entachent en rien les visées de cette traduction indispensable pour passer la vitesse supérieure dans votre apprentissage du Yi Jing.

Le livre des changement par Pierre Faure et Cyrille Javary

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